Un mois à peine après son arrivée à la nursery, remise de son traumatisme et capable de s’alimenter seule, Lili a été transférée dans la volière des tamarins à mains rousses, mais à l’intérieur d’une petite cage de transition. [photo]

L’élevage artificiel, qui a pour conséquence de séparer prématurément le petit de son groupe d’origine, ne permet pas à celui-ci de se socialiser correctement en l’absence d’autres membres de son espèce. La cage de transition facilite donc son intégration grâce à un contact rapproché avec ses congénères (échanges visuels, vocaux et olfactifs, premiers contacts physiques à travers la grille), mais qui minimise toutefois les risques d’agression et rassure le nouveau venu en lui garantissant un abri sûr au sein même du groupe.

Il fallait également que Lili se familiarise avec son nouvel environnement. C’est pourquoi les soigneurs l’ont régulièrement sortie dans la grande volière afin qu’elle puisse la découvrir en toute tranquillité pendant que les autres tamarins étaient cloisonnés à l’extérieur.

Après 3 semaines d’acclimatation, l’équipe animalière a tenté une première mise en contact directe avec le groupe en ouvrant la porte de la petite cage de transition. Un premier tamarin s’est engouffré à l’intérieur, mais il s’est montré davantage intéressé par la cage dont l’accès lui était jusqu’alors interdit, que par sa nouvelle camarade de jeux. Lili s’est ensuite approchée prudemment de la sortie et au bout de quelques minutes, a sauté sur le dos d’un adulte qui s’est gentiment laissé faire. Reniflée puis léchée par les autres membres du groupe, elle a réintégré sa cage quelques secondes plus tard.

Les jours suivants Lili s’est montrée un peu moins téméraire et a préféré la sécurité de sa petite cage à l’agitation de ses congénères dans la grande volière. La porte de la cage de transition était toutefois maintenue ouverte, ce qui permettait à Lili d’aller et venir à sa guise.

Moins de 3 semaines plus tard, une fois le stress et la curiosité retombés, Lili a fini par quitter définitivement sa petite cage pour rejoindre les membres de son groupe. Ces derniers n’ont jamais fait preuve d’agressivité à son égard durant toute la durée du protocole de réintroduction.

Lili est aujourd’hui parfaitement intégrée à la petite troupe, tantôt montée sur le dos d’un adulte, tantôt galopant aux côtés des plus jeunes. Les soigneurs sont priés de garder leurs distances : s’ils approchent Lili d’un peu trop près en effet, les autres tamarins n’hésitent pas à venir défendre la petite femelle et se chargent de leur faire comprendre qu’ils assurent désormais seuls sa sécurité. La preuve que les liens familiaux sont parfaitement renoués et qu’ils surpassent désormais ceux tissés avec l’homme pendant l’élevage artificiel en nursery. Objectif atteint.